Quelle méthode choisir pour votre opération lca ? didt ou KJ

Après de longue réflexion, vous être prêt à passer sur la table d’opération pour avoir un nouveau LCA. Cependant, vous êtes perdu avec toutes les visites que vous devez faire, les radios et IRM, les visites chez votre chirurgien et chez l’anesthésiste.

Vous n'avez pas la moindre idée de ce que signifie DIDT ou KJ ? Tout ce que vous voulez, c’est avoir un nouveau ligament. Le choix de la méthode est important, car chacune a ses spécificités et vous devriez en prendre connaissance pour faire le bon choix.c'est ce que nous allons voir dans cet article.

L’opération du lca, une étape à ne pas prendre à la légère

Beaucoup de gens prennent trop à la légère l’opération du LCA et ne s’informent pas assez. C’est ce que j’ai pu remarquer lorsque j’étais en hôpital de rééducation.

Lionel, tu as eu quoi comme technique d'opération ? Heu.. Il m’a mis un nouveau ligament. 

Et toi Thomas ? Le chirurgien a pris le tendon de mon genou.

Si vous ne vous intéressez pas à la méthode d'opération que vous allez choisir avec votre chirurgien, dès que vous ressentirez des douleurs, vous serez stressé voir déprimé car vous ne saurez pas ce qui ce passe. Par exemple, vous avez un hématome (courant avec le didt), vous allez penser que l’opération c’est mal passé, ou que votre corps s’adapte mal à la nouvelle greffe. C’est juste une réaction normale, le nouveau ligament doit trouver sa place dans votre corps.

 Les différentes méthodes que je vais vous présenter donnent de très bons résultats. Néanmoins, ils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients que vous devez savoir afin de faire le bon choix. De cette manière, vous serez capable d’anticiper certains problèmes et cela ne vous décourage pas pendant votre rééducation et vous continuerez ainsi à progresser et avoir un genou de plus en plus fort.

Méthode KJ

Avec cette méthode dit Kenneth Jones, le chirurgien reconstitue le ligament croisé antérieur en utilisant le tiers du tendon rotulien. Le tendon rotulien relie la rotule au tibia.

Pendant l’arthroscopie, le chirurgien fera une incision au niveau du genou. Vous aurez une cicatrice verticale sur la face avant du genou, car c’est à ce niveau qu’il prélèvera une portion du tendon rotulien qui va permettre de reconstruire le ligament croisé antérieur.

La technique KJ est très utilisée lors des opérations lca, car le tendon rotulien ressemble étroitement au ligament croisé et il a approximativement la même longueur. De plus, les extrémités osseuses de la greffe sont placées dans l'os où le lca se fixe.

L'inconvénient d'utiliser la greffe de tendon rotulien est que vous pouvez ressentir une douleur à l'avant du genou. En particulier où la greffe du tendon rotulien a été prise. Cette douleur peut durer plusieurs mois, voire des années.

Méthode DIDT

Le chirurgien prélève deux tendons, le droit interne et le demi-tendineux (DIDT) à l'arrière de la cuisse du patient, l’ischio-jambier. C’est le gros muscle qui se trouve à l’arrière de votre cuisse. Le chirurgien prélève un faisceau de chaque tendon du muscle ischio-jambier et les regroupe pour créer une nouvelle greffe de ligaments croisés.

L’intervention se déroule sous arthroscopie (avec caméra) qui vous laissera une petite cicatrice au niveau du haut du tibia.

L'un des principaux avantages d'utiliser la greffe du tendon ischio-jambier est qu'il évite les douleurs associées à l'utilisation d'une greffe de tendon rotulien. La douleur se produit à l'avant du genou, comme une tendinite.

Avec cette méthode, vous n’aurez pas ce problème, car les tendons prélevés subissent une petite incision et donc moins de douleur.

Le principal inconvénient est que le nouveau ligament (greffon) prend beaucoup plus de temps à devenir rigide. Pendant la cicatrisation vous devrez garder le genou protégé. Par ailleurs, certaines études ont révélé que le didt entraîne une diminution minime de la force des ischio-jambiers après une intervention chirurgicale. Si vous êtes sportifs, sachez qu’avec une bonne rééducation vous pourrez compenser cette faiblesse.

Le principal Inconvénient du DIDT : un risque d’hématome, celui-ci se résorbe en règle générale tout seul. Il peut exceptionnellement nécessiter une ponction évacuatrice ou un drainage chirurgical.


Et le DT4 ?

Le DT4 c’est le même principe que le DIDT, mais le chirurgien prélèvera uniquement un tendon, le semi-tendineux. C’est le DIDT V2, version améliorée, elle est moins agressive pour le genou.

La durée de l’opération avec le DT4 est plus longue, car on utilise un seul tendon, la technique est plus délicate. Les tunnels osseux pour faire passer les ligaments sont plus courts également. Cette méthode demande que le chirurgien soit plus précis.

Avec le DT4 vous aurez :

  • Moins de douleurs antérieures (tendinopathies, agenouillement, insensibilité…)
  • Pas de problèmes de déficit quadricipital
  • Un seul tendon concerné (récupération optimum des fléchisseurs)
  • Une incision courte et fine
  • Remise en charge précoce
  • Fixation solide

L’avantage du DIDT  et du DT4 est de laisser moins de séquelles au niveau du genou et vous permettre une meilleure récupération.

Didt vs KJ que choisir ?

C’est une question difficile à répondre. D'un point de vue scientifique, le KJ est plus robuste que le DIDT, car le tendon rotulien et celui qui se rapprochent de plus du ligament croisé en matière de longueur et rigidité. Les risques d'échecs de rupture du lca sont très bas avec les 2 méthodes, même si le KJ a un taux de réussite nettement supérieur.

Néanmoins le risque de complication postopératoire est nettement plus faible avec le DIDT. Vous pouvez avoir un hématome, mais au bout de 2-3 semaines la douleur ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Avec le KJ vous pouvez avoir de gros problèmes au niveau de tendon rotulien comme des douleurs au tendon qui peuvent persister pendant des années. En plus d’avoir un ligament reconstruit qui n'a pas encore trouvé ses marques, vous ressentirez des douleurs au tendon également.

Avec le DIDT, la rééducation au début est plus longue, le ligament est moins résistant que celui du KJ, mais au fur et à mesure le nouveau ligament va se renforcer au fil des mois, jusqu’à devenir votre ligament croisé.

On pousse beaucoup de sportifs à faire un KJ car la rééducation peut être accélérée vu que la greffe est très résistante. Néanmoins, si vous faites un sport de pivot et que vous ne pouvez pas vous accroupir et que votre tendon rotulien vous fait mal, je ne pense pas que vous allez durer. Le but est d’avoir un genou stable sans douleur pour la vie et non juste pour faire du sport quelques années.

Attention aux idées reçues

Personnellement, j’ai effectué un didt, au début j’étais sceptique, car on me disait que le KJ c'est pour les sportifs. LE chirurgien qui me suivait depuis des mois ne fait que du DIDT. Au début j'étais sceptique, mais il a su me mettre en confiance, de m’enlever de certains dogmes. Certaines études ont montré que le didt réduit de 3 % la force des ischios…

Le problème est que beaucoup d'études que l’on trouve sur internet se basent sur des patients choisis aléatoirement. Le plus important n’est pas l’opération en elle-même, mais surtout la rééducation. Pendant les mois où vous allez faire votre rééducation, c’est là que vous allez reconstruire votre genou pour la vie. Personnellement si c’était à refaire je choisirais encore le didt car pour ma part j’ai retrouvé un genou aussi stable qu’à mes 20 ans et aussi résistant que mon genou droit. Tout cela grâce à une rééducation faite durant les premiers mois.

Votre choix doit se faire avec votre chirurgien, s’il est plus à l’aise avec le DIDT et que vous avez confiance en lui alors continuez dans cette voie. Si le KJ c’est sa spécialité et qu’il a de bons résultats, que ses patients ont une bonne convalescence, allez-y. De plus, pour le premier rdv, voyez 2 ou 3 chirurgiens afin d’avoir différentes opinions au sujet de la reconstruction de lca.

À quoi s’attendre après l’opération

On vous mettra dans la salle postopératoire après la chirurgie, vous aurez l'opportunité de croisé d'autres patients.

À partir de ce moment, c’est votre rééducation qui déterminera la santé de votre genou. Si vous faites une rééducation légère, que vous ne faites pas les exercices que le kiné vous donne, votre genou récupèrera très lentement et vous risquez d’avoir un genou douloureux et rigide. En gros vous aurez fait l’opération pour rien, autant resté sans ligaments.

Vous devez prendre avec sérieux votre rééducation. Quand j’étais à l’hôpital, beaucoup de personnes ne faisaient qu’à moitié les exercices, qu’ils soient jeunes ou âgés, certaines personnes se croyaient en vacances, cela agacer même certains kinés. C‘est vrai, l’opération est un moment difficile, vous marchez comme le pingouin dans Batman, votre moral est à zéro, mais vous devez trouver la motivation de faire la rééducation. En le faisant dès le début avec sérieux, vous êtes sûr de pouvoir retrouver un genou mobile et sans douleur.

La reprise des activités sportives est possible après un délai de plusieurs mois, votre chirurgien vous précisera votre date de retour. Le résultat attendu est un genou stable et indolore avec une reprise des activités sportives. Un délai de 9 mois minimum est souvent nécessaire pour la reprise des sports à pivot.

Conclusion

Vous avez pu voir la différence entre DIDT et KJ, mais la finalité reste la même : retrouver un genou stable. Le choix du type d’opération doit se faire en accord avec votre chirurgien. Ne choisissiez pas uniquement un type de méthode juste parce que vous avez lu que c'est le meilleur. Parlez-en à votre chirurgien, il est peut-être plus habile avec une méthode le DIDT ou le KJ, l’important est qu’il maitrise une technique pour augmenter vos chances de guérison rapide.

 Quoi qu’il en soit que vous soyez sportif ou sédentaire Le DIDT est une bonne option, et j’en suis la preuve vivante ! Dites-moi en commentaires avec quelle méthode vous voulez être opéré.

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